Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Clemenceau : l’Etat français ne veut pas d’une expertise sur la quantité d’amiante dans le porte-avions

30 janvier 2006

ANDEVA - Comité anti-amiante Jussieu

COMMUNIQUE DE PRESSE

31 janvier 2006

C’est un nouvel épisode
judiciaire dans l’affaire du Clemenceau, qui se tiendra
demain mardi 31 janvier, à 10 heures, devant le tribunal de
grande instance de Versailles.

L’Etat français assigne les
associations ( 1 ) qui ont obtenu
de ce même tribunal, le 11 janvier dernier, la
désignation de deux experts indépendants
chargés de procéder à une expertise des
documents en la possession de la société Technopure
(2) permettant d’évaluer la quantité d’amiante
encore présente dans la coque de l’ex
porte-avions.

Ainsi, au lieu de jouer la transparence sur
cette question très importante pour la santé et la
sécurité des travailleurs indiens, le gouvernement
choisit une fois de plus de contester une décision de
justice en faisant jouer sa tierce opposition et en tentant de
faire arrêter l’expertise en cours. Celle-ci devait
être rendue avant le 15 février prochain

Le gouvernement français exprime
lui-même avec le plus grand cynisme ses motivations dans la
demande faite au Tribunal : « l’existence d’un tel rapport
d’expertise créerait un dommage à l’Etat puisque
celui-ci pourrait être présenté à la
presse sans ses tenants et aboutissants et surtout être
présenté à la Cour Suprême Indienne qui
doit statuer sur la légalité de l’importation « 
CLEMENCEAU » en Inde aux fins de désamiantage
 »

Si l’existence d’un rapport d’expertise
indépendant est à ce point gênant pour le
gouvernement c’est qu’il sait qu’il ment quand il prétend
que la coque de l’ex Clemenceau renferme seulement 45 tonnes
d’amiante et qu’il veut pouvoir continuer à mentir
à la Cour suprême indienne sans risquer d’être
contredit. Il a en effet jusqu’à ce jour refusé de
fournir un audit indépendant à cette Cour, qui doit
rendre son verdict le 16 février prochain et risque de
refuser l’accès à ses eaux territoriales
à l’ex fleuron de la Marine nationale. Il lui faut
donc éviter à tout prix que l’expertise des
pièces de la société Technopure qui avait fait
une évaluation de la quantité d’amiante
présente à bord en vue d’établir ses
propositions de devis, puisse être exploitée.

Ce nouvelle manoeuvre dilatoire du
gouvernement français démontre si cela était
nécessaire sa mauvaise foi sur la gestion de ce dossier. En
effet, si comme le prétend le ministère de la
Défense, il respectait la réglementation
française en matière de désamiantage, un
repérage de l’amiante et un plan de retrait précis
aurait dû être effectué avant le début
des travaux et les associations n’auraient pas besoin de
recourir à la justice pour connaître la
quantité d’amiante à retirer du
porte-avion.

L’Andeva et le Comité
Anti-Amiante Jussieu mettent en demeure le Premier ministre de
produire ces documents pour mettre un terme à ce qui risque
d’apparaître bientôt comme un nouveau mensonge
d’Etat dans l’affaire de l’amiante, une affaire qui en
comporte déjà beaucoup.

( 1)Andeva, Ban asbestos,
Comité Anti-Amiante Jussieu, Greenpeace
( 2) Technopure est l’entreprise
ayant effectué les premiers travaux de désamiantage
à Toulon

.