Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

La Convention de Rotterdam fait naufrage

25 juin 2019

Le veto des pays producteurs a bloqué - pour la septième fois en 14 ans - l’inscription de l’amiante chrysotile sur la liste des produits dangereux

La Convention de Rotterdam, a pour mission de protéger la santé humaine et l’environnement. Sans interdire un produit, elle peut l’inscrire sur une liste de produits à hauts risques. Cela oblige les Etats exportateurs à obtenir un consentement éclairé préalable des pays importateurs. Mais la Convention s’est terminée par un échec. L’amiante chrysotile ne sera pas inscrit.

Une lettre ouverte à tous les pays représentés à Genève

Depuis 2006, le Comité d’experts de la Convention de Rotterdam recommande l’inscription de l’amiante chrysotile sur la liste des produits très dangereux. S’agissant d’un produit qui tue 220 000 personnes par an dans le monde, cette inscription aurait dû relever de l’évidence. Or, à six reprises, elle avait été bloquée par le véto d’une poignée de pays producteurs, au nom de la règle du consensus.

A la veille de la conférence de 2019, une lettre ouverte a été envoyée aux représentants de 161 pays participants. Elle était signée par des organisations internationales (associatives, syndicales et institutionnelles), des organisations nationales et des scientifiques d’une trentaine de pays.

Les signataires demandaient « que les recommandations du Comité d’étude des produits chimiques de la Convention, basées sur des preuves scientifiques et médicales claires soient respectées et soutenues ».

Ils invitaient les pays participants :

- « à modifier l’article 22 de la Convention de Rotterdam : en cas d’échec du consensus, un vote à la majorité de 75% des voix devrait permette d’adopter l’inscription d’un produit chimique à l’Annexe III » .

- « à soutenir l’inscription de l’amiante chrysotile à l’Annexe III de la Convention à la COP9, demandée pour la septième fois. »

La lettre dénonçait les pressions de l’Association internationale du chrysotile : « Il est inadmissible que les intérêts financiers de quelques participants s’opposent à la masse des pays qui veulent protéger les populations vulnérables des expositions toxiques. »

La lettre, dont l’Andeva est signataire, appelait à « préserver la crédibilité de la convention de Rotterdam. » et se terminait par un appel : « Il est temps d’agir ! »

Le 7 mai, un rassemblement a eu lieu à Genève, devant la Convention. Des roses blanches et une bougie ont été déposés en mémoire des 222 000 être humains tués chaque année par l’amiante.

Le 8 mai Subono, une victime de l’amiante chrysotile, est intervenu au nom du ROCA (Alliance de la Convention de Rotterdam).

Mais la Convention s’est terminée par un échec : pour la septième fois en 14 ans, l’amiante chrysotile ne sera pas inscrit en 2019 sur la liste des produits à hauts risques.


Voir le texte intégral de la lettre et la liste des signataires sur le site d’IBAS :

http://ibasecretariat.org/open-letter-appeal-to-the-161-parties-at-cop-9-of-the-rotterdam-convention.pdf


Article tiré du Bulletin de l’Andeva No 60 (juin 2019)


Article tiré du site : http://andeva.fr
Rubrique:  Numéro 60 (juin 2019)