Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Trois livres

25 juin 2019

- Amianto, une histoire ouvrière : "La mémoire est une chose vivante qui se préserve en passant la ponçeuse sur la rouille du temps"
- "Amiante, tu m’assassines"
- "Grand débat : la Fnath libère la parole des accidentés de la vie"


Amianto, une histoire ouvrière :
"La mémoire est une chose vivante qui se préserve en passant la ponçeuse sur la rouille du temps"

Alberto Prunetti raconte l’histoire de son père, Renato, soudeur dans des raffineries et des aciéries en Italie depuis l’âge de 14 ans, tué par l’amiante à 59 ans.

C’est une tâche dangereuse de souder à quelques centimètres d’une cuve de pétrole. Une seule étincelle suffit pour amorcer une bombe qui peut emporter une raffinerie.

Empoisonné sans le savoir.

C’est pour cela qu’on lui a dit d’utiliser cette bâche gris sale qui résiste aux températures les plus élevées, car elle est produite avec une matière légère et indestructible : l’amiante.

Avec elle, les étincelles restent prisonnières et vous, vous restez prisonnier avec elle, et sous la bâche en amiante vous respirez les substances libérées par la fusion de l’électrode.

Sans le savoir, Renato s’empoisonne lentement au travail : il respire de l’essence, le plomb lui entre dans les os, le titane lui bouche les pores de la peau et, finalement, des fibres d’amiante se glissent dans ses poumons.

Une histoire individuelle et collective

Le livre d’Alberto Prunetti raconte à la fois l’histoire de son père et celle de l’Italie : l’enfance de Renato avec ses bagarres et ses parties de foot, la Toscane ouvrière avec sa musique, ses dialectes, ses évènements sportifs dans les années 70 marquées par des luttes sociales avant la vague de restructurations des années 80.

Alberto Prunetti recolle ainsi les morceaux d’une destinée vouée à l’oubli. Il a reçu en héritage de ses ancêtres ouvriers et paysans, la hargne, le courage, l’esprit de résistance et un humour à faire tenir debout.

« La mémoire est une chose vivante qui se préserve en passant la ponceuse sur la rouille du temps. Avec la brosse la plus dure, j’insiste. C’est ce qui aurait plu au charpentier métallique, personnage principal de cette histoire. Pas de fleurs mais beaucoup d’antirouille. »

Le livre d’Alberto Prunetti, traduit de l’italien par Serge Quadruppani, est paru chez « Agone, Mémoires Sociales » (144 p,14 euros)

Pour le commander :

https://agone.org/memoiressociales/amianto/


"Amiante, tu m’assassines"

Saint-Nazaire. Une vie de travail avec ce poison qu’est l’amiante

Comme des milliers d’ouvriers, Michel Hervoche a inhalé des fibres tueuses en travaillant, sans en connaître le danger.

En 2016, vingt ans après son départ en retraite, il a été rattrapé par le cancer.

Dans ce livre, il retrouve la mémoire de sa vie professionnelle à travers celle d’Olivier, le héros de l’histoire.

Ses premières de menuisier sur les navires à Saint-Nazaire : l’omniprésence de l’amiante dans les pétroliers et les méthaniers, sa prise de conscience progressive du danger, les femmes contaminées en lavant les bleus de leur mari....

Puis son travail dans le BTP avec l’amiante des faux plafond, des revêtements de sol, ou des plaques de toiture en Eternit retirées sans protection.

À partir de 1995, dans un bureau d’études, il est chargé du repérage de l’amiante dans les bâtiments.

Michel Hervoche a aujourd’hui 70 ans. Il est en rémission.

Amiante, tu m’assassines , de Michel Hervoche. Éditions Hey ! 216 pages. 17 euros.


Grand débat :
la Fnath libère la parole des accidentés de la vie"

Afin de faire entendre la voix des victimes du travail dans le « Grand débat national » la Fnath a mis en place une plate-forme de libre expression sur son site Internet, en sollicitant des contributions sur quatre thèmes : la revalorisation des rentes, pensions et minimas sociaux, la santé au travail, la réinsertion sociale et professionnelle, l’indemnisation des victimes d’AT-MP, l’accessibilité et le handicap.

Les témoignages vécus disent la vraie vie de ceux dont un accident du travail ou une maladie professionnelle a changé la vie.

Ils expriment aussi leurs leurs inquiétudes, leurs demandes et leurs propositions.
Ces témoignages ont été réunis dans un livre blanc (84 pages) téléchargeable sur le site de la Fnath :

https://www.fnath.org


Articles tirés du Bulletin de l’Andeva No 60 (juin 2019)