Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Tours : 13.000 m3 de terre polluée sur les deux îles de la Loire. La CGT et l’Andeva ont porté plainte

25 juin 2019

André Letouzé est vice-président de l’Adeva Centre qui dénonce un scandale sanitaire et environnemental majeur. Il nous explique les raisons et l’importance de ce combat.

« La CGT et l’Adeva Centre ont porté plainte »

Pourquoi y a-t-il des tonnes de débris amiantés à Tours sur deux îles au milieu de la Loire ?

André Letouzé : Il y a depuis longtemps un système de captage de l’eau potable dans la Loire sur l’île Aucard et sur l’île aux Vaches. A l’origine les buses étaient en amiante-ciment. Entre 2009 et 2012, la ville de Tours a engagé des travaux pour les remplacer par des buses en inox. Les buses en amiante-ciment ont été cassées et réparties autour de chaque puits.

La présence de ces matériaux amiantés était-elle connue ?

A.L. Oui. Les autorités savaient. En 2012, un agent de la ville a été atteint d’un cancer broncho-pulmonaire. La CGT a demandé un CHSCT extraordinaire auquel j’ai pu participer comme expert. Les responsables ont passé leur temps à minimiser le danger.

Le syndicat CGT n’a pas accepté ce déni. Il a saisi le Tribunal administratif d’une demande d’expertise en réferé.

Le rapport de l’expert est accablant pour la ville de Tours.

Il indique que « les risques étaient connus et avérés ».

Pourtant « huit collaborateurs ont travaillé pendant toute une période sans aucune protection. Deux salariés sont touchés par une maladie professionnelle. »

L’expert estime qu’il y a " une lourde responsabilité de ceux qui ont envoyé les collaborateurs travailler sur place, parce que eux savaient. »

Après cette expertise qu’ont fait l’association et le syndicat avec l’aide du cabinet TTLA ?

La CGT et l’Adeva Centre ont tenu une conférence de presse pour annoncer qu’elles portaient plainte contre X pour non respect du code de l’environnement, et mise en danger d’autrui. Les syndicats CGT de Tours et de Tours métropole ainsi que l’Union départementale en sont partie prenante. Il s’agit d’un véritable scandale sanitaire et environnemental. Les responsables doivent être jugés, les victimes indemnisées et le préjudice d’anxiété reconnu pour les personnes exposées.

Il y a un problème immédiat de santé publique : sur l’île Aucard repose une passerelle piétons et vélos ; des personnes peuvent cotoyer des débris contenant de l’amiante. Ces débris doivent être évacués sans délai car ils représentent un danger pour la population.


Article tiré du Bulletin de l’Andeva No 60 (juin 2019)